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Les 4,5 millions de personnes vivant en Nouvelle-Zélande  ont accès à la quantité la plus élevée d’informations budgétaires dans le monde, selon les résultats les plus récents de l’Enquête sur le budget ouvert. Mais quelle est la situation pour le reste des 7 milliards d’habitants dans le monde ? Pas aussi bonne malheureusement : 68 pour cent de la population mondiale vit dans des pays qui ne publient pas suffisamment d’informations budgétaires pour leur permettre de comprendre la façon dont les finances publiques sont gérées.

Alors à quoi cela ressemble-t-il à l’échelle mondiale ? La carte ci-dessous montre à quoi le monde ressemblerait si la surface terrestre était mise à l’échelle selon la taille de la population, les couleurs indiquant la quantité d’informations budgétaires accessibles à la population.

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La masse terrestre déjà importante en Chine s’agrandit davantage lorsqu’elle est mise à l’échelle de la population. Malheureusement, la couleur rouge foncée indique ses 1,4 milliards d’habitants ignorent en grande partie la façon dont le gouvernement gère le budget du pays, soit 2,2 trillions de dollars. Malgré une décennie de croissance économique rapide et un budget en constante augmentation, son score de 14 sur 100 sur l’Indice du budget ouvert (pdf) a très peu changé. Des pays fortement peuplés comme le  Vietnam et l’Égypte mettent également très peu d’informations budgétaires à la disposition du public. Au Vietnam, le score de la transparence est largement resté le même au fil des années, alors que le score de l’Égypte a chuté de façon spectaculaire en 2010 et n’a pas encore retrouvé les niveaux atteints dans le passé.

L’Asie du Sud – la grande zone jaune sur la carte – compte près d’un quart de la population mondiale. Le jaune indique des scores entre 40 et 60, ce qui signifie que les gouvernements fournissent des quantités limitées d’informations budgétaires au public. Ce qui n’est pas terrible en soi, mais insuffisant pour avoir une image complète de la façon dont les gouvernements gèrent l’argent public, et certainement pas assez pour que les citoyens demandent des comptes à leur gouvernement. En revanche, le fait inquiétant est que la transparence semble être en régression en Asie du Sud : Le score de l’Inde a chuté de 68 à 46celui du Pakistan de 58 à 43; et celui du Sri Lanka de 46 à 39.

Mais il y a lieu d’être optimiste. L’Afrique du Sud, cinquième pays le plus peuplé d’Afrique, dispose de l’un des budgets nationaux les plus transparents au monde. Les pays très peuplés comme le  Brésil, les Philippines, et la Russie mettent à la disposition du public des quantités importantes d’informations. (bien qu’en Russie, une partie exceptionnellement importante des fonds public est dépensée en dehors du budget national, c’est pourquoi il reste beaucoup à faire pour que le gouvernement soit véritablement transparent vis-à-vis du public).

Ainsi que le souligne le rapport mondial (pdf), la tendance inquiétante est que de nombreux pays semblent stagner à ces niveaux médiocres de transparence budgétaire. Cela s’explique en partie par la facilité relative avec laquelle les gouvernements peuvent s’améliorer … jusqu’à un certain point. La plupart des pays les moins performants peuvent faire des progrès spectaculaires simplement en publiant les documents budgétaires qu’ils produisent déjà. Ceux qui enregistrent de meilleures performances doivent cependant s’atteler à améliorer l’exhaustivité de leurs documents budgétaires.

Le monde enregistre des progrès lents en matière de transparence budgétaire, mais le chemin est encore long pour atteindre le niveau de la Nouvelle-Zélande.